NDLR : L’Extrapôle rappelle que les opinions des rédacteurs n’engagent qu’eux et non l’association.

1939, la Seconde Guerre mondiale éclate en Europe et en Asie. Des centaines de milliers de soldats et civils meurent en Pologne, Finlande, Mongolie (une des RS de l’URSS) ou encore en Chine, où le conflit fait rage depuis longtemps déjà. En même temps, au pays de l’Oncle Sam, on s’amuse et on se presse dans les salles obscures pour regarder Autant en emporte le vent (Gone with the Wind),

19 juillet 2016, mort d’Adama Traoré, jeune homme de 24 ans, suite à son interpellation par des gendarmes. Des émeutes éclatent pour « obtenir justice » ; diverses versions s’affrontent concernant les responsabilités de cette mort.

6 septembre 2019, rassemblement devant l’ambassade d’Afrique du Sud à Paris, organisé par la LDNA (Ligue de Défense Noire Africaine). On y entendra des messages de paix et d’amour comme celui-là, résolument antiraciste : « si vous vous voulez faire preuve de xénophobie, d’accord, allez-y : tuez des Blancs, tuez des Chinois, tuez des Indiens, mais ne tuez pas vos frères, nous sommes tous Noirs ! Nous avons la même couleur, nous avons le même sang ! »

25 mai 2020, Minneapolis, mort de George Floyd lors de son interpellation par un groupe de quatre policiers « municipaux ». Aujourd’hui, l’un d’eux est inculpé pour meurtre au second degré (sans préméditation) et les autres pour « aide et complicité ».

On assiste depuis, dans le monde et, dans notre cas, évidemment en France, à divers phénomènes, manifestations et actions, tous globalement liés de près ou de loin à la question du racisme, ici gérés par diverses organisations (La vérité pour Adama, le CRAN ou encore la fameuse LDNA).

Alors qu’un gendarme noir (je me désole de devoir ici rappeler sa couleur de peau) est traité de « sale vendu » à cause de sa « complicité » à une force de police qui ne serait que le « bras armé d’un Etat où le racisme est systémique », on détruit ou vendalise des statues de Schoelcher (abolitionniste contesté par l’indemnisation des « maîtres » qu’il mit en avant), de négriers (comme à Bristol avec Edward Colston) ou encore de Churchill (critiqué pour ses positions racistes) et enfin, on apprend la suspension par HBO d’Autant en emporte le vent car il traiterait de la vision sudiste et de sa théorie de la Cause perdue (Lost cause of the Confederacy).

Certains voient dans l’ensemble de ces procédés, des volontés de prendre les gens pour des idiots incapables de se situer dans les contextes de l’époque, ou encore de renier des pans entiers de ce qu’est notre Histoire commune : Churchill ne doit-il plus être mis en avant dans sa lutte contre le nazisme au motif qu’il ait tenu des propos racistes ?
Nous ne répondrons pas à cette question mais, de fait, d’autres figures sont aussi contestées, et d’autres statues « craignent pour leur plâtre» : Faidherbe, Bugeaud, Ferry, Gallieni ou encore Christophe Colomb.

Si vous pensiez que j’allais critiquer ces démolitions, déboulonnages et autres, vous vous trompez sur toute la ligne, je trouve d’ailleurs que cela n’est pas assez, il faut censurer !

À bas Mandela ! Fondateur de l’organisation terroriste Umkhonto we Sizwe et ouvertement racialiste (il parlait de « relations interraciales », ce qui suppose l’existence de races).

À bas Ghandi ! Lui qui parlait des indiens comme « infiniment supérieurs » aux Sud-Africains de peau noire, qu’il décrivait comme « paresseux et grossiers » et « dont l’occupation est de chasser et dont la seule ambition est de réunir un certain nombre de têtes de bétail pour acheter une femme et passer ensuite sa vie dans l’indolence et la nudité ».

À bas le Coran ! Lui qui légitime l’esclavage de nombreuses fois, comme dans la sourate XVI, verset 71 : « Allah a favorisé les uns d’entre vous par rapport aux autres dans [la répartition] de Ses dons. Ceux qui ont été favorisés ne sont nullement disposés à donner leur portion à ceux qu’ils possèdent de plein droit [esclaves] au point qu’ils y deviennent associés à part égale. Nieront-ils les bienfaits d’Allah ? » (وَاللَّهُ فَضَّلَ بَعْضَكُمْ عَلَى بَعْضٍ فِي الرِّزْقِ فَمَا الَّذِينَ فُضِّلُوا بِرَادِّي رِزْقِهِمْ عَلَى مَا مَلَكَتْ أَيْمَانُهُمْ فَهُمْ فِيهِ سَوَاءٌ أَفَبِنِعْمَةِ اللَّهِ يَجْحَدُونَ ).

À bas Lorulot ! Anarchiste anticlérical et raciste à ses heures perdues : « et Jésus était aussi barbare, aussi rétrograde, aussi magicien que son entourage incrédule, ignare et superstitieux. Les Juifs de son temps étaient détenteurs d’une mentalité exactement semblable à celle des Arabes et des Nègres d’aujourd’hui » (La Vie comique de Jésus), ou encore « les lois de la sélection humaine consciente doivent être étudiées et répandues » (L’église et la guerre).

À bas Marx ! Sa lettre à Engels du 30 juillet 1862 sur Ferdinand Lassalle est somme toute assez claire : «  le juif adipeux de Breslau… Il est clair, à la forme de sa tête et l’implant de ses cheveux, qu’il descend des nègres qui se joignirent à Moïse pour son voyage en Egypte ; à moins que peut-être, sa mère ou sa grand-mère n’aient forniqué avec un nègre ». Marx maniera avec une certaine élégance des mots comme « juif nègre, youpin, sale juif et juif de merde » ou encore des réflexions concernant des prétendues particularités physiques des juifs (qui rappellent les heures les plus sombres de notre Histoire) comme « le grand art du nez de Levy consiste en effet à renifler la pourriture… Le nez de Levy sert au Daily Telegraph de trompe, d’antenne, de phare et de télégraphe. On peut dire sans exagérer que Levy écrit son journal avec son nez » (Herr Vogt) ou encore « la créature la plus hideuse que j’ai vue de ma vie, au répugnant faciès juif (« garstigen jüdischen physiognomie ») » (lettre à Friedrich Engels du 24 mars 1861).

À bas Engels ! Dans une lettre à Laura, seconde fille de Marx, dont le mari Paul Lafargue est candidat (socialiste) aux élections municipales du Ve arrondissement de Paris, il écrit que « comme nègre, Lafargue est proche du règne animal ». Dès lors, « le Ve arrondissement est parfait pour lui, avec le zoo du jardin des Plantes » (lettre à Laura Marx du 26 avril 1887).

À bas Jaurès ! Raciste et antisémite, il parlera ainsi de « races soumises de l’Asie, de l’Amérique, de l’Afrique » (La petite République, 1896) ou encore dira que « nous savons bien que la race juive, concentrée, passionnée, subtile, toujours dévorée par une sorte de fièvre du gain quand ce n’est pas par la force du prophétisme, nous savons bien qu’elle manie avec une particulière habileté le mécanisme capitaliste, mécanisme de rapine, de mensonge, de corset, d’extorsion » (discours au Tivoli en 1898).

À bas Proudhon ! Virtuose de l’anarchisme, du socialisme libertaire et du racisme, il écrira que « le Juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Asie ou l’exterminer… Par le fer, par le feu ou par l’expulsion il faut que le Juif disparaisse » (Carnets, 26 décembre 1847) ou encore « quels sont […] les vrais négrophiles ? ceux qui, les tenant en servitude, les exploitant, il est vrai, pour assurer leur subsistance, les améliorent insensiblement par le travail, et les multiplient par le mariage » (La Guerre et la Paix, Livre II, Ch. X, sur Le Droit de la Force).

Il y en a tant d’autres, tout cela est ridicule.

Marc Sallé

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