L’Homme, cet éternel omnivore : La démolition d’un mythe constructeur

L’étymologie du terme « omnivore » est à trouver dans des racines latines : omni (tout) et vorare (dévorer) donc omnivorus (qui dévore tout). Le dictionnaire de renom Larousse nous donne la définition suivante de ce terme : « Se dit des animaux qui se nourrissent indifféremment d’aliments très divers (herbes et chair, insectes et fruits, débris animaux et végétaux, etc.) ».

Mais où est ton instinct avec ces pulsions meurtrières ? Où est ton sang-froid te permettant de tuer brutalement un être sans défense ? Où sont tes griffes acérées qui te permettent de déchirer la chair fraîche et crue ? Où sont tes canines pour dévorer chaque organe de ce cadavre ? L’Homme aurait-il évolué ? Ou Darwin, aurait-il raison quant à notre régime alimentaire végétale « La classification des formes, des fonctions organiques et des régimes a montré d’une façon évidente que la nourriture normale de l’homme est végétale comme les anthropoïdes et les singes » ?

Nombre de personnes soutiennent une thèse qui, de par son caractère répété voir martelé dans notre enfance, montre l’Homme comme un éternel chasseur/cueilleur justifiant le fait qu’il soit omnivore. Un cueilleur, pas de doute, même un agriculteur par la suite, l’un des meilleurs. Cependant, il est nécessaire de déconstruire un premier mythe fortement ancré, celui de l’éternel chasseur. Ce glorieux récit, mettant en scène des hommes courageux et valeureux, risquant leur vie à la chasse pour nourrir leurs femmes et leurs enfants, restés sagement près du feu. Même s’il est indéniable que l’Homme (avec un grand H, s’il vous plaît) a chassé au cours de son évolution, une précision s’impose. Les premiers hominidés, les australopithèques, notamment, s’avéraient être des charognards, opportunistes et parfois même cannibales. Ces consommateurs plus qu’occasionnel se nourrissaient de cadavres laissés à l’abandon par de vrais carnivores. Loin de notre consommation actuelle et excessive de viande, ils se nourrissaient majoritairement du fruit de leur cueillette, la viande étant consommée que très rarement dans une optique de survie. Mais as-tu encore besoin de survivre ? Il est certain que la chasse au rayon boucherie de Carrefour doit certainement réveiller des instincts innés de tueur.

C’est ici qu’intervient l’aspect « constructeur » du mythe. En effet, nous avons construit tout un mode de pensée et organisé nos pratiques sur ce mythe, y voyant une justification de notre massacre de masse. Un mythe, constructeur d’un mensonge, véhiculant l’idée que la viande aida l’Homme à se développer tant physiquement que mentalement et l’aide encore. Les travaux de la philosophe et directrice de recherche à l’INRA, Florence Burgat, nous invite à mitiger cette thèse, expliquant que la cueillette participa tout autant au développement de l’Homme. Alors que de nos jours, la viande est vue pour une large majorité d’être humain comme un élément indispensable à la nutrition humain, elle m’apparaît plus comme un caprice gastronomique. Si cette thèse vous fait écho, je vous invite, même vous encourage, à visionner le documentaire disponible sur Netflix : The game changers montrant que la viande, et même les autres produits d’origines animales, ne sont pas nécessaires pour les sportifs de haut niveau et sont même néfastes à leurs performances sportives.

Mais, un homme fort est un homme qui mange de la viande. C’est ce que j’ai pu souvent entendre lors de débats endiablés. Je vous invite à expliquer cette théorie farfelue à Patrik Baboumian, déclaré l’Homme le plus fort d’Allemagne. Ce végétalien a battu un record du monde en 2013 en transportant sur 10 mètres un poids de 550 kg. Oui, végétalien. Un point définition s’impose : un régime végétalien proscrit toute consommation de chair animale (même le poisson) ainsi que toute consommation de produits d’origine animale (lait/œuf etc…). Le végétalien diffère du végane dans le sens où cela représente un régime alors que le véganisme s’inscrit plus dans un mode de vie. Mais pourquoi des sportifs de très haut niveau tels que Sylvie Guillem, Mike Tyson ou encore Carl Lewis ont décidé de ne pas consommer des produits d’origine animale ? Les œufs, ne sont-ils pas un apport plus que nécessaire en protéines ? Les produits laitiers, ne sont-ils pas nos meilleurs amis pour la vie nous permettant de développer des os solides et résistants ? Personnellement, je pense avoir une petite partie de la réponse. En effet, je doute fortement de la capacité d’un brocoli d’engendrer du diabète, de provoquer un arrêt cardiaque ou bien simplement d’entraîner un dysfonctionnement érectile. Mais, évidemment, d’autres raisons animent le comportement novateur de ces sportifs, des raisons plus scientifiques et éthiques.

Or, l’Homme a évolué, c’est pourquoi il peut maintenant manger de tout, librement. Mais peut-on réellement parler d’évolution quand on sait par exemple que 65 % des Français sont intolérants au lactose (Source : Centre d’Information et de Recherche sur les Intolérances et l’Hygiène Alimentaires) ? Ce pourcentage atteint presque 100 % pour les populations de l’Asie de l’Est. Il semble que sous l’égide du terme omnivore, nous avons justifié cette consommation de lait simplement parce que nous le « digérons », pour une partie d’entre nous. Il semble néanmoins important de rappeler, comme le fait le formateur en nutrition végétale Marco Pois Chiche, que « ce fluide a pour seul et unique but la transformation d’une progéniture en une bête massive le plus rapidement possible pour survivre face aux prédateurs ». Oui, mais le fromage, c’est si bon que ça en serait addictif… Ne le serait-ce pas réellement ? Ce point n’est pas le but de cet article, je vous invite néanmoins à vous renseigner sur la Caséine, protéine présente dans le fromage qui semble faire des miracles addictifs si j’ose me permettre ce jeu de mot.

Arthur Koesltler, dans son livre Le cri d’Archimède, a écrit cette phrase : « Ainsi, l’évolution biologique de l’homo sapiens est-elle dangereusement en retard sur son évolution mentale ». Je lui réponds ici, malheureusement un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais : Oui, elle l’est. Cela nous invite alors à nous interroger sur le caractère éternel de l’Homme comme omnivore. Le simple argument, quelque peu discutable, expliquant que l’Homme peut tout digérer me semble un peu faible pour justifier l’omnivorisme. Quant à l’argument gastronomique, il me semble enfantin et lâche. Maintenant que nous avons le choix, sommes-nous obligés de baser notre « survie » sur une alimentation cadavéreuse ? Même si notre évolution biologique est en retard, cela ne représente pas un argument pour continuer notre massacre de masse. Basons-nous sur notre évolution mentale en prenant en compte le bien-être animal, en stoppant l’exploitation intensive et abusive de leur lait par exemple, ou simplement en arrêtant de considérer les animaux comme des objets sur lesquels nous possédons le droit de vie ou de mort. Ainsi, L’Homme est-il condamné à rester enfermé dans ce mythe immoral de l’éternel omnivore ou parviendra-t-il à utiliser son intelligence pour se nourrir de manière respectueuse, sensible et durable ? Mieux vaut tard que jamais vous me direz…

Cet article, même s’il regroupe des sources avérées et vérifiables, ne possède aucun caractère scientifique. Il ne vise pas à « illuminer » la population sur une vérité cachée, mais à l’inviter à s’approprier ce sujet pour forger sa propre réflexion. Ainsi, la réflexion menée est personnelle et ne vise pas à convaincre, mais à faire réfléchir, c’est notamment pourquoi beaucoup de points sont abordés de manière succincte. Je vous invite à consulter les sources pour aller plus loin dans votre propre réflexion pour vous forger un avis personnel sur ce sujet.

Maël Boudenia.

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