Le phénomène rap, introduction : Le pays aux trente millions de rappeurs

« Soixante millions d’français, plus d’trente millions d’rappeurs/
Accoucher d’embryons d’carrière mort-née j’connais ça par cœur »

Le rappeur Polocus met ici en évidence le nombre impressionnant de Français passionnés de rap, qui comprend un nombre à peine moins impressionnant de personnes qui souhaitent en faire -avec plus ou moins de succès- leur carrière. Le rap est aujourd’hui omniprésent dans la culture musicale française. Car si les nostalgiques parlent des années 90 comme de l’âge d’or de cet art en France, les contemporains s’accordent à penser que nous en vivons actuellement un deuxième. Le genre n’a jamais été aussi diversifié, et surtout, autant écouté. Mais… Pourquoi un tel hold-up ? Et peut-on réellement parler de hold-up ? Peut-être que le rap n’est pas si écouté après-tout, que ce n’est qu’un genre underground qui gagne en influence et qui par conséquent fait parler de lui… Je vous propose donc dans cette série d’articles de décortiquer le « phénomène rap français » : le constat d’un phénomène social, mais aussi une approche plus technique (mais fort peu ennuyeuse je vous l’assure) de ce genre musical. Tel Orelsan annonçant que la fête touche à sa fin, nous allons aujourd’hui revoir les bases, avec une approche quelque peu scolaire. Cette enquête sera donc divisée en chapitres, chacun faisant l’objet d’un article. Il n’est pas nécessaire de les lire dans l’ordre, vous pouvez tout à fait piocher dans les sujets qui vous intéressent le plus. Toutefois, avant de commencer, il est important de préciser un élément essentiel. Il est au mieux prétentieux, au pire impossible de codifier à la perfection le rap car c’est un genre extrêmement vivant. Les artistes les plus influents sont jeunes et se plaisent à constamment casser les codes, manière astucieuse de faire preuve d’originalité. Il ne s’agira donc pas de poser des principes dépourvus d’exception, mais plutôt de donner des clés de compréhension de ce genre musical. Et ce, au vu des sources dont je me suis inspiré, et de mon analyse empirique des textes de rap. L’introduction est donc terminée…
À suivre.

Théo Choucroun