La diversité des orientations politiques dans la Résistance

Le 20 juin 1940, Etienne Achavanne sabote les lignes téléphoniques qui relient les bases aériennes à un poste de commandement de Rouen. Il est arrêté le 24 juin et est exécuté le 6 juillet, c’est le premier martyr de la résistance.

Il résulte de la Résistance une impossibilité de la définir tant cette dernière est variée. « Phénomène protéiforme » écrivait Olivier Wieviorka dont “l’action vise à combattre l’occupant allemand”.

Mais que peut-on réellement appeler Résistance ? Des actes spontanés au départ, que ce soit du simple passeur de sucre à travers la ligne de démarcation, du passeur de Juifs et de réfugiés (politiques par exemple), ou bien du saboteur de lignes de chemins de fer.

On a souvent entendu, notamment la génération dite des “boomers”, qu’une majeure partie de la France avait résisté, et que les communistes avaient été extrêmement nombreux dans la Résistance, à tel point qu’ils auraient représenté près de 80 à 90% de celle-ci (à entendre les dirigeants communistes français à la sortie de la guerre).

Il a été démontré depuis, que les communistes ont certes fait partie intégrante (et de manière assez importante) de la Résistance, mais penser que 75 000 de leurs camarades sont morts est un leurre. Si les historiens ont très rapidement penché vers 20 000 morts communistes plutôt que 75 000, les chiffres tourneraient aujourd’hui plutôt entre 3200 et 5000 morts (sur environ 60 000 morts résistants).

Certes, ce chiffre de 75 000 est exagéré, mais l’engagement des communistes dans la résistance est indéniable, en témoigne le nom des stations du métro parisien: Corentin Celton, Marx Dormoy, Guy Môquet pour ne citer qu’eux.

Seulement, les communistes (élargissons, l’extrême-gauche), n’avaient pas le monopole de l’engagement patriotique. Des hommes de gauche comme de droite, des nationalistes, des monarchistes ont participé à la Résistance. Pour n’en citer qu’un : Honoré d’Estienne d’Orves. Fervent patriote, nationaliste et surtout monarchiste, qui n’a pas hésité à verser son sang pour la France. Il serait aussi honteux de ne pas citer le général De Gaulle, que l’on surnomme le premier des résistants, et qui montre bien la présence d’un courant politique de droite dans la Résistance (même si l’heure n’était pas aux divergences politiques, mais plutôt  à l’union derrière un idéal patriotique).

L’histoire de la Résistance, entre mythe et réalité, sera au cœur de nouveaux articles…

Vincent Monnet